Les personnages de la série
Sept enfants qui ne se sont pas choisis.
Une bande, dans les séries jeunesse, c’est en général un groupe d’amis. Ici, non. La bande à Walad est une équipe de circonstance, formée dans un camp d’été à Médine, autour d’une promesse que personne n’avait demandé à tenir sauf celui qui l’a faite. Ils viennent de continents différents, de milieux qui ne se croisent jamais, et ils vont devoir sauver la récolte d’une palmeraie ensemble. C’est le vrai sujet de la saison, avant même les dattes et la sécheresse : ce que sept caractères incompatibles peuvent produire quand on les met face à une terre qui ne négocie pas.
Qui sont-ils ? Walad, ~10 ans. Débarqué d’Occident avec un qamis blanc immaculé et une énergie qui épuise les palmiers : il promet avant de mesurer, et passe la saison à payer le prix de sa sincérité.
Binti, ~11 ans. La grande sœur. Elle laisse les garçons s’épuiser toute la journée, puis règle le problème en cinq minutes avec trois bouts de récupération.
Kepa, ~10 ans. L’Indonésien silencieux à la gourde-citerne. Il ne parle presque pas, il voit tout, et il fait systématiquement le geste auquel personne n’avait pensé.
Karim, ~11 ans. L’honneur de rue transplanté dans le désert. Il teste avant de faire confiance, mais quand il valide un pacte, il va au bout, les mains dans la boue.
Enes, ~11 ans. Le cerveau connecté, persuadé que tout problème est une équation. Médine est son premier court-circuit : la sécheresse ne se télécharge pas.
Huberto, ~11 ans. Converti discret, lieutenant résigné de Karim, témoin pince-sans-rire des catastrophes du groupe — et courageux exactement quand personne ne le regarde.
Soufyan, ~12 ans. Le fils de la palmeraie, poète bédouin et athlète solitaire. Il n’a rien demandé à ces citadins en vacances, et il ne s’en cache pas. C’est lui qui changera le plus.




Le défi de la semi-silhouette noire. Nos personnages sont en semi-silhouette : visages et cheveux en aplat de noir, mais vêtements colorés. Ce choix graphique règle une question éthique, mais il en ouvre une autre, redoutable — comment reconnaît-on un enfant parmi sept, quand aucun d’eux n’a de visage ? Tout ce qui reste doit travailler. La coupe du vêtement, sa couleur, sa longueur, la manière dont il tombe quand l’enfant court. La forme d’un col, la présence ou non d’un couvre-chef, la façon dont un tissu est noué. Un accessoire porté en permanence : une gourde surdimensionnée, une tablette, un outil. Chaque élément est arbitré une fois, puis tenu pendant toute la saison. Aucun détail n’est décoratif : c’est le seul vocabulaire dont nous disposons pour dire qui est là.
Sept enfants, une palmeraie, aucune ressemblance entre eux. C’est précisément ce qui rend l’image lisible.

