Les paysages de Médine
Un village qui n’existe pas. Mais qui pourrait.
La série se déroule dans les hauteurs de Médine, sur un plateau de palmeraies que nous avons entièrement construit. Rien de ce que vous voyez à l’écran n’est la copie d’un lieu réel, et pourtant tout y a été documenté avant d’être dessiné : le tracé des chemins, le mode d’irrigation, la façon dont une maison de terre encaisse la chaleur, la manière dont les palmiers sont plantés et espacés. Nous voulions un endroit à l’abri du temps — mais pas hors du temps. Un village dont on se dit, en le regardant, qu’il existe encore quelque part, à vingt minutes de la ville, derrière une colline que personne ne prend la peine de contourner.
La mosquée, au loin.
Et sur l’horizon, toujours, la Mosquée du Prophète ﷺ. Jamais au premier plan avant le tout dernier épisode. Toujours là-bas, au bout du plateau, minarets détachés sur le ciel selon l’heure. Elle fonctionne exactement comme un phare. Un phare, d’abord, parce que c’est l’objectif. Ces enfants trient, arrosent, réparent et se disputent pour une seule raison : que les dattes de cette palmeraie soient choisies pour les iftars du Ramadan, là-bas. Chaque plan large qui la cadre rappelle au spectateur ce qui est en jeu. Un phare, ensuite, parce qu’elle recadre. Quand Walad s’emporte, quand Karim provoque, quand Soufyan méprise — il suffit d’un plan sur l’horizon pour que le spectateur se souvienne de l’endroit où ces enfants se tiennent, et de ce qu’une telle terre exige de ceux qui la foulent. Ce n’est pas un objet de dévotion posé dans le paysage. C’est un rappel silencieux...
Et pas une note de musique.
Dernière conséquence, la plus exigeante. Sans musique, le décor doit sonner. Le vent dans les palmes, le grésillement de la chaleur, l’eau dans les rigoles, les sandales sur la pierre, l’adhan qui traverse le plateau et coupe l’après-midi en deux. Un décor, chez nous, n’est jamais un arrière-plan. C’est la moitié de la bande-son.






