Dessiner Walad
Dessiner Walad : tout passe par le corps et la bouche.
Walad n’a pas d’yeux, pas de sourcils. Sa tête est entièrement noire, comme sa peau, et ses vêtements se posent par-dessus. C’est le style de la série, et c’est notre contrainte la plus lourde. Dans une série d’animation classique, 80 % de l’émotion se joue dans un carré de quelques centimètres autour des yeux. Ce carré, nous ne l’avons pas. Tout ce qu’il portait doit être redistribué ailleurs. Et c’est principalement dans le dessin de la bouche et la position du corps que nous le faisons.
Des références, des références et encore des références !
L’autre exigence est industrielle. Ce style n’est enseigné dans aucune école : un animateur qui rejoint la production ne l’a jamais pratiqué. Il ne peut donc pas s’appuyer sur ses réflexes. Walad est par conséquent entièrement référencé. Proportions verrouillées en nombre de têtes, turnaround complet, silhouette de la coiffe sous tous les angles, tombé du qamis en course et à l’arrêt, codes couleur fixes, bibliothèque de poses de référence, et une planche de ce qu’il ne faut jamais faire. Rien n’est laissé à l’interprétation. Non pas pour brider les animateurs, mais parce qu’avec un visage noir, la moindre approximation de posture ou du dessin de la bouche peut exprimer l’inverse de ce qu’imposait le script.




Le dessin, c’est une jeu d’enfant ! Jusqu’à ce que ça devienne un métier : )

